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" Mais comment tu as fait pour prendre ces photos alors que tu étais seul ?"

Je reçois régulièrement ce commentaire venant de personnes curieuses, voire suspicieuses. Je dois avouer que la chose peut paraitre intriguant alors que j’affirme être parti seul sans assistance.

 

J’ai développé une technique tout d’abord expérimentée dans les montagnes Vosgiennes. Elle consiste à installer une camera d’action grand angle au bord du sentier et à réaliser un passage avec l’air le plus naturel possible. Si le petit film est réussi, il suffit alors d’appuyer sur pause lorsque je me considère à l’endroit le plus esthétique. Une capture d’écran à ce moment précis produit finalement le cliché. Le plus dur est de trouver le bon “spot” pour placer la caméra. Une photo près du sol, surtout avec le grand angle n’est pas concevable. Il faut donc impérativement trouver un petit point culminant : une roche, un arbre, un muret, ou alors le construire en plantant une branche dans le sol, en réalisant un tas de cailloux, avec un bâton en guise de perche de tournage. Le point commun de tous ces stratagème: l’élastique ! Indispensable accessoire pour sécuriser ma GoPro.

Il m’est arrivé de ne pas pouvoir prendre d’egoportrait alors que le paysage était sublime faute de support. C’était une petite frustration, vite balayé par la beauté du moment. Rien de mieux de les yeux et les autres sens pour capter la magie d’une scène. Elles restent dans ma mémoires à défaut d’être sur celle de mon téléphone. Je me limitais à 5 ou 6 passages filmés maximum par jour, priorité à l’instant présent. Le procédé reste chronophage, il faut repérer le point de vue, s’y rendre, faire le montage en équilibre, revenir faire le passage puis retourner récupérer la caméra. Celà a probablement représenté plusieurs milliers de mètres de dénivellé non comptés dans le total. Mais il s’agit là du petit prix à payer pour revenir avec des souvenirs en image.

 

J’ai longtemps hésité à me lester d’une camera de sport, le smartphone faisant des images similaires mais ce dernier était bien trop précieux pour le mettre en équilibre au dessus d’une falaise ou pendu à une haute branche d’arbre. Et je ne parle pas de son prix d’achat mais surtout du fait qu’il contenait ma cartographie et m’aurait aussi permis d’appeler les secours, pour peu que je ne sois pas en zone blanche.

Je me suis amusé à prendre quelques photos du dispositif mis en place pour prendre les photos de mon voyage. Et au delà de l'amusement, cela m'a servit de preuve pour les personnes doutant de ma solitude. Pas d'équipe de tournage, pas de camarade dans l'ombre du voyage, pas de badauds bénévoles rencontrés sur place, juste du temps, quelques efforts en plus et un peu d'ingénierie. Ci-dessous une série de clichés avec cote à cote le dispositif de prise de vue et le résultat.

"On ne se souvient pas des jours, on se souvient des moments." – Cesare Pavese

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